samedi 31 mai 2014

Siem Reap (Cambodge) - 01/06/2014

Bon 1er juin, tout le monde!
Je reviendrai en détails et en photos sur notre épopée motarde, mais j'avais envie, là tout de suite, de partager mon idée actuelle du bonheur: toute la journée, se balader en vélo dans les temples d'Angkor, puis quand la chaleur rend tout effort impossible, se poser à la clim' en lisant Kampuchéa de Patrick Deville. Et le soir, siroter une bière (Cambodia, vous l'aurez deviné) et se dire que vraiment, ce voyage, c'est le pied!

Seule ombre au tableau: je vis la magie des vieilles pierres en solitaire. Rodolphe est resté au Laos, sur une petite île au bord du Mékong. Là, sur la terrasse de son bungalow, face au fleuve, il finit d'écrire son roman. Et de ce que j'en sais, c'est le pied aussi.

On vous espère tout aussi heureux. Bisous.

lundi 12 mai 2014

PHOTOS!!

Plein de photos de notre passage au Vietnam ici.

Ventiane (Laos) - 12/05/2014

Ce qu'il y a de bien dans les pays qu'on visite, c'est que, si d'aventure on oubliait ou on se trouve, hop, on achete une biere et la memoire nous revient. Pratique, non? Ainsi, au Laos ou nous sommes depuis le 20 avril, la biere locale, et en quasi monopole, s'appelle Lao Beer, et coute $1,50, ce qui vous semblera peut-etre peu, mais ca fait d'elle la biere la plus chere depuis le debut. Ca ne nous empeche pas d'en boire!!!


Beer Lao
Et puisque me voici partie dans le domaine du bassement materiel, restons-y: grosse surprise depuis notre arrivee, le Laos risque finalement de nous couter la peau des fesses. Les hotels et la bouffe sont relativement OK (mais bien plus chers qu'en Inde et qu'au Nepal). La bouffe de rue est plus dispendieuse qu'au Vietnam, mais les transports sont ruineux (n'ayons pas peur des mots): pour 5 minutes de tuk-tuk dans un bled, on faisait 30 minutes de taxi, en Ambassador s'il vous plait, a Calcutta. Idem pour les bus, le moindre trajet montant facile a $20-$30, du jamais vu. Et, est-ce une facon de faire des sous dans ce pays communiste, tout se paie. Exemple ce matin: besoin de prolonger notre visa. Il faut payer pour le formulaire (1$), le traitement ($3), en plus bien sur des frais de prolongation du visa ($26); et on paie plus cher si on paie en Kips (la monnaie locale) qu'en USD car, de l'aveu de la fonctionnaire, "we need to bring dollars to the country". La moindre entree de temple est payante, il nous est meme arrive de devoir payer pour marcher sur une route de campagne. On hallucine et on a parfois l'impression d'etre des porte-monnaies ambulants. Bref, le Laos, c'est pas cheap, voila, c'est dit.

Pas cheap, mais beau! Le nord Laos.
Alors, en 3 semaines, fideles a notre rythme escargotesque, on a visite 4 endroits dans la moitie du pays a peine. Arrives par le nord, on a commence par trainer dans un tres chouette coin le long d'une riviere couleur emeraude, la Nam Ou - joli nom en plus, non?

La Nam Ou
Baignades, ballades dans les montagnes, 3 jours dans le jungle pour Rodolphe pendant que je l'attendais dans le confort de notre bungalow "de luxe" pres de la riviere.
"Chambre" dans un magasin pendant le trip de Rodolphe dans la jungle

Rodolphe en a profite pour prendre quelques jours pour avancer son roman, sur la terrasse dudit-bungalow - avouez qu'une fois encore, c'est plutot sympa comme bureau.

Le bureau de Rodolphe dans notre bungalow a Muang Ngoi Neua
Petit passage ensuite par Luang Prabang, belle, superbe, magnifique, mais tellement soporifique!! Ah ca pousse a la sieste, Luang Prabang, presque autant que la chaleur (la vache qu'il fait chaud!!)! Luang Prabang a aussi ete le lieu de notre premiere rencontre avec le Mekong. Ce n'est pas rien, depuis le temps que sa seule evocation nous donnait l'envie d'y plonger. Alors la, j'avoue, je n'ai peut-etre pas regarde les bon bouquins de photos avant de partir, mais moi je le voyais vert-emeraude, le Mekong, alors qu'il est plutot tres marron. Incontestablement marron meme. Moins tentant pour la baignade, mais ca a de la gueule quand meme. Et sur les rives, des arbres remplis de fleurs rouges ou jaunes - on a decide que ce sont des flamboyans et des tamarins (en fait, on n'en sait rien, mais il fallait bien qu'on leur donne un nom et ca leur va bien, N'hesitez pas a mettre un petit commentaire pour nous corriger, on ne sera pas vexes!).
Mekong et flamboyants
Apres Luang Prabang, plutot que de prendre betement un bus ou un tuk-tuk, on est alle faire un tour en elephant. On a passe 3 jours au Elephant Conservation Center et c'etait tres cool. Outre cotoyer les grosses betes, on a pu monter dessus et meme les diriger.
Moi aux commandes, elephant obeissant

Rodolphe aux commandes, l'elephant se fait la malle!
On a meme recu un certificat de formation de cornac, oui, oui, et on envisage de shipper 1 ou 2 elephants chez Veve et Juju, a conserver dans leur jardin nouvellement paysage, afin de creer un centre a Montreal au retour. On les mettra dans le grand bassin du parc Lafontaine, avec les canards, ca sera tres beau.
Juju, Vero: ca vous va, ces deux-la? (le petit a 2 ans 9 mois)
Blague a part, c'etait GENIAL, et comme vous pourrez le remarquer sur les photos, on pourrait presque croire qu'on est nes sur des elephants tellement on etait a l'aise...
On a fait ca toute notre vie!
Ensuite, direction Ventiane, la capitale, moins lethargique que Luang Prabang, mais sans doute la capitale la moins agitee du monde et de la terre. Le dimanche apres-midi, c'est aussi anime que Belz ou Mandeville. Gros avantage par rapport a Belz et Mandeville cependant: la bouffe.
Allez, disons-le: la bouffe n'est pas vraiment la plus grande force du Laos.

Notez l'air dubitatif de Rodolphe. Il avait raison, c'etait vraiment pas bon...
Apres la Thailande et le Vietnam, le bambou vapeur semble un peu fade... Il y a bien le riz gluant, qu'on adore, mais il a fallu negocier serieux avec nos papilles pour qu'elle nous autorisent a prolonger notre sejour.

Vendeuses de riz gluant, avant qu'il soit gluant
Mais a Ventiane, il y a encore une enooooorme influence francaise (ex: 80% de livres en vente dans la seule "vraie" librairie de la ville sont en francais), alors voila, on craque sans arret: steak-frites, ballon de rouge, creme brulee, baguette-nutella au petit dej, sandwich au pate de foie et/ou vache qui rit le midi, croissants. Et Pastis a l'apero. On a honte, on a honte!!
Honte, je vous dis!

On mage vietnamien aussi - super bahn mi et jus de fruits de la passion

Heureusement, on quitte Ventiane demain (normalement, mais probleme, le pot de Nutella n'est pas fini. Que faire??) pour descendre un peu plus vers le sud. Nous envisagions de faire un petit tour en moto, et de frimer un peu encore (genre moto cross, chemin de laterite, un peu de boue, cheveux au vent - au besoin on aurait mis une perruque a Rodolphe), sauf qu'on a le choix entre des 250 cc (un peu grosses, sachant qu'on n'a pas de permis moto et que je ne sais meme pas comment passer les vitesses...) ou des scooters semi-automatique... Tout de suite beaucoup moins sexy. Avec un peu de chance, le notre sera rose. Alors a suivre, mais peut-etre qu'on ne vous enverra pas de photos...

On poursuivra ensuite notre descente et notre course contre la montre: la mousson semble en avance, la chipie, et nous a deja donne de belles averses, des orages magnifiques (ahhh, la Nam Ou sous les eclairs...), une tempete de sable digne de l'Arabie. Et ce n'est que le debut. On devrait se pendre encore de belles rincees dans les jours a venir. Ah ben oui, j'avais oublie de mentionner ca: sur notre scooter rose, on aura aussi sans doute un imper-poncho en plastique transparent. Histoire de completer notre tenue de motards baroudeurs. Non, vraiment, je pense qu'on va vous epargner les photos...
Des qu'il pleut, c'est le stress
On vous racontera tout (en enjolivant au besoin) tres bientot.
Bises a tous
Karine

mardi 15 avril 2014

PHOTOS!!!

Je viens de mettre les photos de la Birmanie en ligne. Cliquez ici pour les voir.

Hanoi (Vietnam) - 15/04/2014

Il y a un peu plus d'un an, j'ai eu l'opportunité de faire une année de volontariat international. Le poste était basé dans un collège d'Hanoi. Rodolphe m'aurait évidemment accompagnée et aurait fait des articles et reportages sur la zone. J'ai beaucoup hésité, mais nous avions déjà le voyage en tête et comme il n'était pas possible de cumuler les deux, j'ai fini par refuser. Si j'avais accepté, nous aurions quitté Hanoi il y a 2-3 semaines. Et après avoir passé une dizaine  de jours ici, je crois pouvoir dire que ça m'aurait énormément plu de vivre ici pendant un an. Car oui, nous aimons beaucoup Hanoi. Beaucoup.

Nous ne savions qu'attendre du Vietnam et d'Hanoi. Le pays est très développé par rapport à tout ce que nous avons vu jusqu'à présent, très touristique aussi. On pensait également que les grandes villes vietnamiennes allaient faire mal à notre budget. Enfin, beaucoup de voyageurs rencontrés nous avaient  dit avoir moyennement apprécié les vietnamiens jugés froids, arrogants, très orientés business, arnaqueurs. (Désolée Loan, c'est eux qui le disent, pas nous!) Plusieurs nous avaient conseillé, puisque nous étions un peu pris par le temps, de favoriser le Laos et le Cambodge. Nous avions donc décidé de nous limiter à Hanoi et la Baie d'Halong pour ce premier passage au Vietnam. Sachant que ça prend 4 jours gros max dans un tour organisé, ça nous aura donc pris deux semaines. Mais deux très belles semaines!

Une fois n'est pas coutume, je me propose de vous raconter notre première journée à Hanoi, qui est somme toute assez représentative de notre « vie » ici. Arrivée à l'aéroport à 8h30 (OK, j'avoue, ça ce n'est pas du tout représentatif, mais disons...), on prend un minibus pour le centre-ville. Pas de rabatteurs, quelques taxis qui offrent leurs services mais n'insistent pas, le chauffeur du minibus qui nous demande le prix attendu, sans essayer de grappiller quelques dongs de plus. Bon, c'est vrai que les gens ont l'air plutôt sérieux : ça ne sourit pas beaucoup. On nous ignore même carrément et on en serait presque vexés : comment ça, ça n'intéresse personne de savoir comment on s'appelle et d'où on vient??? Ça fait 6 mois (6 mois!!!) qu'on se prend pour la Reine d'Angleterre, alors forcément, ça fait un choc de passer totalement inaperçu.
Rodolphe croit avoir trouve le moyen de ne pas passer inapercu
L'hôtel qu'on avait repéré, situé dans une petite rue tranquille près du lac et pas trop loin du Vieux Quartier, est plein. Mais le réceptionniste fait des pieds et des mains pour nous trouver quelque chose et une demi-heure plus tard, on est dans une chambre superbe avec lit king, 2 salons (au cas où on veuille prendre l'apéro chacun dans son salon), une petite terrasse, la clim, une TV et même une baignoire (la dernière qu'on a vue, c'était chez Thérèse il y a 6 mois). Le luxe absolu pour $25.

Une fois la question de l'hôtel réglée vient celle du café. Dans cette grande région de thé, les vietnamiens sont accros au café. Il y a des petits troquets partout, souvent avec des tables rondes et des chaises tressées posées sur le trottoir, à l'ombre des arbres, comme en France.
Petit troquet
Près des portes, le numéro de rue est indiqué sur les petites plaques bleues, comme en France. Le café par contre n'est pas du tout comme en France. Du mazout. Du goudron. Un liquide super épais et dense que l'on pose sur un mini lit de lait concentré sucré qui parvient à peine à l'éclaircir un peu.
Cafe-goudronvietnamiem
Cette chose est faite pour les hypersomniaques mais ne devrait pas être en vente libre. Rodolphe adore et s'en tape au moins 3 par jour; c'est du suicide.
Quand je vous dis qu'il adore...
Après le café, on  se balade dans notre quartier et dans la vieille ville.  En courant, forcément, effet café oblige. On aime les vieilles maisons, les ruelles, les arbres partout, les petits cafés, les marché, les échoppes de bouffe, les marchandes de beignets ou d'ananas qui portent leur marchandise dans deux grands paniers suspendus, les cages à oiseaux suspendues un peu partout, les noms de rue en alphabet romain qui nous permettent enfin de nous repérer, le temps gris et frais.
Petits oiseaux
On aime moins les beignets des marchandes (un véritable attrape-couillons, cette chose!), les motos-scooters qui font la loi et beaucoup de bruit.
Rue tranquille
Premier repas et voilà, c'est fait, on est fou de la bouffe vietnamienne, et un Bun Cha plus tard (nouilles de riz et morceaux de porc BBQ que l'on trempe dans un bouillon, agrémenté de menthe, coriandre, basilique vietnamien, salade), on est devenus des estomacs sur pattes.
Ca c'est un Bahn Cuon (je crois) et c'est presque aussi bon qu'un Bun Cha
Repus et heureux, c'est l'heure de la sieste. En Birmanie, la chaleur écrasante entre 11h et 16h rendait la sieste presque obligatoire. Mais on ne la faisait jamais parce qu'on était rarement prêts à partir avant 10h. Ici, pas besoin de venir se mettre au frais. Mais j'imagine que ça va avec le rythme que nous inspire Hanoi, on fait une sieste presque chaque jour. Car malgré le bruit et le flot incessant des motos, l'activité commerciale non-stop (c'est vrai que les Vietnamiens sont de sacrés commerçants et super bosseurs apparemment), on trouve une certaine langueur, une quiétude qui nous inspirent la sieste. Et puis de toute façon, une sieste n'a jamais besoin de justification, si??

Re-balade en fin d'après midi et premiers contacts avec des agences de voyage – car notre mission à Hanoi, outre de faire une étude approfondie de la gastronomie vietnamienne, est de préparer notre petit tour dans la Baie d'Halong.

Ce qui fut fait! Avec succès.

On nous a dit que la Baie d'Halong reçoit 50,000 visiteurs par jour. (cin-quan-te millllllllle! répète sans cesse Rodolphe depuis qu'il a entendu ce chiffre). Ce qui fait pas loin de 20 millions par an. Et quand on voit le nombre de bateaux au départ du port spécialement construit pour les touristes, on y croit. C'est énorme. (cin-quan-te millllllllle!).

Comme tout est super réglementé dans la Baie d'Halong, il n'y a pas vraiment d'autre option que d'aller y faire une croisière organisée. Ben oui, on a fait ça. Ça nous faisait un peu l'effet de faire un tour en calèche dans le Vieux Montréal.
Notre bateau de croisiere
Nous avions choisi une petite agence qui proposait de faire les choses autrement : trois jours et deux nuits, mais en évitant les coins les plus touristiques de la Baie d'Halong et en visitant également une baie adjacente (Bai Tu Long), un peu moins impressionnante, mais fréquentée uniquement par les pêcheurs et les ostréiculteurs. Et c'était parfait : petit groupe très sympa (coucou, Andréa et Sébastien, Isabelle, Amel, Paul et Baptiste, si vous lisez ce billet!), farniente sur le pont supérieur du bateau...
Ledit pont superieur du bateau
...visite d'une cave (les gros rochers en sont bourrés), balade en kayak dans une village flottant et une exploitation ostréicole, super bouffe.
Au Vietnam, on rame avec les pieds...
Rodolphe n'a pas voulu essayer - no fun!
« Et les paysages??? », vous dites-vous. Et bien c'est là que le bât blesse. Vendons le punch tout de suite, on a eu un temps de merde tout du long, avec tellement de brouillard par moments que le capitaine s'est échoué sur un banc de sable : on ne voyait pas à 20m. Alors forcément, c'était sans doute pas les meilleures conditions pour admirer la baie.
La Baie d'Halong facon David Hamilton
Qui reste, malgré tout, absolument magnifique et grandiose, et on ne regrette pas une seconde d'avoir fait cette croisière.

Après la croisière, histoire de se remettre de toute cette agitation, on a décidé de rester quelques jours sur une petite île dans Bai Tu Long. Il n'y a pas d'île habitée dans la Baie d'Halong, et il est interdit d'y passer la nuit en dehors des bateaux autorisés. Ngoc Vung, c'est notre île. Un mini port avec une centaine de maisons et 3 échoppes qui vendent des biscuits et du café; à 5 km du port, un village avec autant de maisons et un hôtel-resto en construction; entre les deux, des collines, de la mangrove et des rizières avec le buffle réglementaire; près du village, une plage de 2km, sable fin et coquillages, déserte.
La riziere, le buffle, le chapeau pointu, tout y est!
La plage de Ngoc Vung
On avait décidé de rester 5 jours, mais on est finalement rentrés après 2 jours. Disons que la météo n'était pas propice à la farniente sur le sable. Je ne me suis même pas baignée – peut-être un peu aussi à cause des énormes méduses (un bon 40 cm de diamètre) dont on ne savait pas trop si elles était inoffensives, urticantes ou carrément mortelles (je dramatise, peut-être?). Rodolphe, qui ne peut pas voir un bout d'océan sans aller se plonger dedans, a bravé le risque et les monstres gluants; quel homme! OK, je dramatise vraiment, car ils les mangent, ces méduses, au Vietnam, alors elles ne doivent pas être bien méchantes. On n'a pas réussi à goûter, mais ce n'est pas faute d'avoir essayé. Le premier défi étant de savoir comment se dit méduse en vietnamien; à défaut, il faut savoir dessiner (on sait pas) ou mimer. Si vous êtes sages, je vous mimerai le crabe : j'en suis pas mal fière, tout le monde comprend.

Retour à Hanoi avant-hier, donc et c'est la fin de notre premier séjour au Vietnam. Nous quittons Hanoi dans quelques jours, direction le Laos.
Dans notre guide, il y a un court glossaire où apparaît le terme múan avec la définition suivante : « fun, which the Lao believe should be present in all activities ». D'emblée, ça me plaît, le Laos!

Bises à tous, en vous souhaitant beaucoup de múan.

Karine & Rodolphe

dimanche 6 avril 2014

Myanmar - Mars 2014

La première chose que l'on dit en arrivant au Myanmar, c'est "Oh, une pagode!". C'est qu'ils en
ont mis partout, encore plus qu'à Bangkok. Au fur et à mesure, le jeu devient de réussir à prendre
une photo de paysage sans pagode.  À la fin du séjour, on ne les voit même plus; et même, pour un peu, on en aurait marre, des pagodes!
Oh, une pagode!
La première chose que l'on SE dit, c'est que ce n'est pas très malin d'avoir décidé de rouler à
droite mais de n'acheter que des voitures avec le volant à droite. Mais on garde ses réflexions
pour soi, histoire de ne pas avoir l'air de juger.

On ne dit rien non plus de cette drôle d'habitude qu'ont les gens de se tartiner le visage d'une pâte jaunâtre; OK, ça protège du soleil, mais le résultat est assez bizarre, non?
Mais quelle idee de se tartiner les jouettes comme ca...
Et parlons-en du soleil. Ou plutôt n'en parlons pas, car depuis que je me suis plainte du grand froid en Arunachal Pradesh, je n'ai plus le droit de dire qu'il fait trop chaud. Alors je ne dirai pas qu'il a fait trop chaud, mais la vache, il fait chaud en Mars en Birmanie!

Mais je promets, juré-craché, que rien de tout cela n'a influencé notre perception, et que quand j'écrivais dans le billet précédent que nous n'avions pas eu le coup de cœur attendu et espéré en Birmanie, ça n'avait rien à voir avec les pagodes, le maquillage des femmes ou la chaleur. À la réflexion, ça avait sans doute plus à voir avec nos attentes et notre état d'esprit qu'avec le pays :
- Nos attentes étaient sans doute trop hautes : on rêvait de Birmanie depuis plus de 10 ans, et tous les gens qui nous avaient parlé de ce pays n'en avaient dit que du bien. Paysage, culture, monuments, gens, tout semblait absolument fabuleux. (À noter, ils n'avaient pas parlé des pagodes, les fourbes). Pour couronner le tout, je venais de lire The Glass Palace, et je m'attendais presque à rencontrer la dernière reine et sa cour à Mandalay, alors j'ai été un peu déçue de n'y trouver qu'une autre ville poussiéreuse.
- Nous étions fatigués en arrivant en Birmanie. Je sais que ça peut sembler bizarre, mais ça fatigue de voyager, a fortiori quand on oublie qu'on a le luxe du temps et qu'on se met à courir d'une place à l'autre comme on l'a fait en Arunachal Pradesh et pendant nos trois premières semaines au Myanmar.
- Je crois que nous avons eu le petit coup de mou que nous avons toujours après quelques mois de voyage, ce petit « down » qui nous rendrait presque blasés, oublieux de là où on se trouve, de la chance que nous avons et de la richesse de ce que nous vivons au quotidien. On oublie et on s'en lasse (comme des pagodes) – c'est une honte, mais ça nous arrive à chaque fois.
C'est sans doute un mélange de tout cela qui nous a empêché d'apprécier la Birmanie à sa juste valeur.

Et de toute façon, on serait bien en peine de juger, étant donné qu'on n'a visité qu'une toute petite partie du pays – il nous faudra y retourner.

Et même si notre séjour birman n'a pas été un « wow! » de chaque instant, on a quand même eu pas mal de coups de cœur. En voici quelques-un.
- Les gens. Tout le monde nous en avait parlé et c'est vrai. À prime abord, les birmans ont souvent l'air super sérieux et ne vous sautent pas dessus en criant « What is your come from? » comme ils peuvent le faire au Népal.
Serieux, les birmans...
Ils ne disent d'ailleurs pas grand chose parce qu'ils ne parlent pas beaucoup anglais et qu'on ne parle toujours pas birman. Mais dès qu'on leur sourit, leurs yeux s'allument et plus moyen de leur enlever leur sourire. Ils sont adorables, tout simplement.
... mais pas longtemps
La seule fois où j'en ai détesté un (en fait ce n'était pas « un » mais quatre « unes »), c'était dans le bus qui nous conduisait de Dawei à Malawmyine (j'ai appris à prononcer le nom depuis mon post précédent). Elles étaient assises de l'autre côté de l'allée et transportaient, dans de gros sacs posés sous leur siège, une cargaison de poisson séché. Pas de clim, 40 degrés, un bus plus pourri que les gros Tatas népalais, une route défoncée, 8 heures de transport. Je leur aurais bien fait bouffer une pagode!

- Le trajet de Mandalay à Bagan. le « slow boat », genre de grosse barge qui remplace le bus local et descend l'Irrawady trèèèèèèèèèèèès doucement entre Mandalay et Bagan. Près de 20 heures à voir les rives défiler tranquillement, à s'extasier sur les pagodes dorées (nous en étions encore au début du voyage), à assister, peinard, à l'agitation du chargement-déchargement quand le bateau accostait près d'un village – occasion également de se ravitailler en pastèque fraîche ou beignet fourré de noix de coco râpée. C'est tellement doux d'être obligé de ralentir...
Sur le bateau de Mandalay a Bagan
- Bagan. Il y a en Birmanie 4 sites touristiques principaux, dont Bagan, et depuis 2 ans le tourisme a littéralement explosé : le nombre de visiteurs a été multiplié par 4 et Lonely Planet considère actuellement son guide sur Myanmar comme un titre phare. Il y a donc du monde à Bagan, et tout ce qui va avec : les rabatteurs, les arnaques, les hôtels pourris et trop chers, les vendeurs de t-shirts et de cartes postales qui se prennent pour des sangsues. En toute honnêteté, je crois bien que Rodolphe y est un peu allé à reculons... Mais on ne pouvait quand même pas manquer ça : 250 ans de construction effrénée, une succession de rois pris par la fièvre de construire le plus de temples possible dans la plaine de leur royaume. Il reste quelque chose comme 4000 pagodes disséminées, plus ou moins bien restaurées, plus ou moins visitée. Alors en enfourchant un vélo pour arpenter (souvent en poussant) les petits chemins sablonneux, et en prenant soin d'éviter les pagode qui sont littéralement prises d'assaut par les touristes et leurs bus au coucher du soleil, il y a moyen de se perdre (littéralement aussi) et de se sentir seul au monde et hors du temps à Bagan.
Bagan
- Yangon. Il faut croire que nous avons un faible pour les grosses villes grouillantes et bruyantes. Celle-ci a, par contre, la particularité d'être interdite aux motos – tout un choc en Asie, cette absence de 2 roues! Je ne saurais dire ce qui nous plaît à Yangon. Peut-être son faux air de La Havane avec son mélange de bâtisses coloniales décrépites et de bâtiments austères attaqués par la moisissure.
A Yangon, une pagode sert de rond point
Peut-être les étals de bouffe de rue et les maisons de thé qui juchent les trottoirs de leurs tables et tabourets de plastique, qui seraient juste à la bonne taille pour Marion et où les gens passent la journée à boire du thé, les genoux dans le menton.
Maison de the et dinette pour enfants
Peut-être l'atmosphère tranquille malgré l'agitation et le trafic, l'impression que pffff, pourquoi s'en faire après tout, il fait trop chaud pour s'énerver (damned, je l'ai dit!).
Marche a Yangon

- L'île aux orgres. Au large de Malawmyine, dans le sud de la Birmanie, cette grosse île qui compte une soixantaine de hameaux séparés par des rizières, des chemins de latérite bordés de palmiers et cocotiers, des artisans qui font des pipes, des ardoises ou des chapeaux pointus, de superbes maisons en bois sur pilotis, des gens  qui nous offrent une tranche de pain perdu pour accompagner notre café 3-en-un (café-lait-sucre, le tout dans un petit sachet pour un café instantané – LE café birman).
Maison de l'Ile aux ogres
Les quelques heures passées sur l'île (les étrangers n'ont pas le droit d'y dormir) nous ont collé un sourire sur les lèvres pendant plusieurs jours.  Je ne saurais dire exactement pourquoi; il vous faudra aller voir par vous-mêmes.
L'Ile aux ogres

- La bouffe. D'après ce qu'on nous avait dit de la gastronomie birmane, on s'attendait à quelque chose de gras et de pas très savoureux. On avait presque été tenté de faire des provisions en Thaïlande. Eh bien, soit on a très mauvais goût, soit les gens disent n'importe quoi, mais nous on a beaucoup aimé la bouffe birmane. Et ça se résume pour nous en un mot : Mohinga. Je n'aurais jamais cru que j'apprécierais de manger de la soupe de nouilles au petit dej'; encore moins par 40 degrés; et encore moins de la soupe de poisson. Mohinga. Tout est dit.
Mohinga
Comme je le disais dans mon dernier billet, après 3 semaines à traîner un peu les pieds en Birmanie, nous avons décidé d'arrêter de nous obstiner et de faire quelque chose d'autre. Rodolphe a donc posé son sac dans un hôtel à Malawmyine pour avancer sur son roman. Sans surprise, ce n'est pas fini et il aura encore besoin de 2-3 petites séances comme celle-là, mais ça a bien progressé et il était ravi de cette pause.

Quant à moi, je me suis isolée pendant 10 jours au Dhamma Joti de Yangon, un centre de formation à la méditation Vipassana. Pour simplifier à outrance, l'idée est de réaliser par la méditation et l'observation de ses sensations que tout est éphémère, tout arrive et passe. Aussi, si rien ne dure, pourquoi désirer une sensation qui passera, pourquoi se mettre en colère pour quelque chose de temporaire? Car le désir et la colère nous gâchent la vie, nous rendent misérables. Alors, si l'on parvient se débarrasser du désir et de la colère, si l'on reste équanime en tout temps, si l'on se « lave » de toute l'avidité et l'aversion accumulée, on atteint le bonheur. La formation initiale dure 10 jours, il convient ensuite de mettre en pratique dans sa vie quotidienne. 10 jours, sans parler ni communiquer ni lire ni écrire ni écouter de musique ni voir le monde extérieur. 10 jours confiné entre le hall de méditation (11 heures par jour), le réfectoire où on mange face au mur, la chambre. Et disons-le, 10 jours à avoir mal aux genoux, aux hanches et aux fesses, et à se demander régulièrement ce qu'on fait là.
Ma petite piaule pendant la retraite de meditation
Au final, je suis ravie de cette expérience (et une peu fière, j'avoue, même si c'est mal d'être fière!). Je ne suis pas certaine d'adhérer aux concepts quelque peu ésotériques derrière tout ça – je suis sans soute trop cartésienne. Mais c'est extrêmement appréciable et profitable, je trouve, de prendre le temps de se poser sans penser à rien, sans contrainte, sans « agression » extérieure (c'est aussi à ça que ça sert de ne pas communiquer pendant la durée de la formation), de se recentrer et de ne faire que s'écouter (égoïstement peut-être mais quelle importance, puisque cela n'a aucune incidence sur personne d'autre). Et finalement, les dix jours passent en courant et c'est même avec une pointe d'appréhension que je suis ressortie dans « le monde ». Beaucoup plus zen et sereine – Rodolphe peut en témoigner, je crois même qu'il me trouve parfois limite chiante à être si magnanime! Mais je ne suis pas dupe, ça ne va pas durer, la vieille moi râleuse attend son heure, pas loin!.

Voilà donc pour notre séjour birman. Nous avons quitté Yangon remis sur pied et reprenons la route le coeur léger er pleins d'envies. Nous avons aussi décidé de ralentir, ralentir, ralentir - et on verra bien jusqu'où nous nous rendrons et tant pis, ou tant mieux, si on ne fait que le quart de ce que l'on avait en tête. Éloge de la lenteur.
Shwedagon Paya - icone de Yangon et de la Birmanie. Magnifique, meme en fin de sejour quand on n'en peut plus des pagodes.

Le titre de ce billet est un peu trompeur, car je l'écris d'Hanoi au Vietnam, où nous sommes arrivés il y a 3 jours, après une mini-escale à Bangkok, en transit entre 2 avions. Hanoi où la température plus douce nous a fait ressortir les pantalons. Nous nous sommes même baladés avec un parapluie toute la journée. C'est bizarre à dire, mais on est ravis de ce temps pourri!

Petite anecdote incroyable en vous quittant. Hier soir, pendant que j'écrivais ce post dans la chambre, Rodolphe travaillait sur ses articles dans le petit café en face de notre hôtel. Il lève les yeux et voit dans la rue un groupe de 3 occidentaux qui garent leurs motos devant l'hôtel qui jouxte le nôtre. L'un des hommes se retourne et c'est Tonton Philippe, mon oncle qui vit à Saigon (quand même 2000km d'ici). Philippe Mercandalli est dans la rue! Je savais qu'il avait prévu de faire un « road trip » en moto dans le nord Vietnam à peu près à cette époque, mais nous n'avions pas cliqué que nous risquions d'être à Hanoi aux mêmes dates. Et c'est absolument incroyable que, dans cette ville de 7-8 millions d'habitants, nous ayons choisi deux hôtels mitoyens, et que Rodolphe ait levé les yeux de son ordi juste au moment où Philippe garait sa moto. C'était quoi, la probabilité que ça arrive??? Le monde est petit, tout petit et tout y est possible.

No comment...
Et le temps passe trop vite, la vie est trop courte. Profitons-en, nom de dieu!
Grosses bises à tous
Karine & Rodolphe

PS: il semble que les alertes envoyées par courriel quand nous mettons un billet en ligne ne fonctionnent pas bien et/ou finissent régulièrement dans les spams. Alors au besoin, vous pouvez toujours visiter directement le blog; on y ajoute grosso-modo quelque chose 1 fois par mois max.

lundi 17 mars 2014

Malawmyine (Myanmar) - 18/03/2014

Pas de photos cette fois-ci (pas d'accents non plus d'ailleurs) et juste un tres court billet pour vous dire ou nous en sommes et ce qui nous attend.

Nous sommes toujours au Myanmar (en Birmanie, quoi) et nous vous raconterons nos aventures plus en details tres bientot.

Nous sommes dans le Sud, a Malawmyine (dont le nom est tellement imprononcable qu'on l'appelle "that place"), et apres 2 semaines entre Mandalay, Bagan, Nay Pi Taw (la nouvelle capitale), Yangon et la plage pres de Dawei le long de la mer d'Andaman, on peut dire que c'est chouette, Myanmar, mais pas non plus le gros coup de coeur auquel on s'attendait et que tout le monde semble pourtant avoir.

Alors on a decide de passer nos dernieres journees birmanes autrement. Rodolphe se pose in "that place" pendant 10 jours pour finir d'ecrire (ou du moins essayer) son roman. Gros defi de mon cote aussi: je retourne a Yangon demain pour debuter une retraite/formation de meditation Vipassana: 10 jours sans parler ni bouquiner, a (tenter de) mediter 11 heures par jours; lever a 4h du mat' (limite le bagne, non?).
On vous racontera tout ca des que possible.

En attendant, des bises a tous, et particulierement chaleureuses a ceux qui se gelent encore dans l'hiver quebecois - on sue pour vous!!
Karine & Rodolphe