vendredi 28 février 2014

Bangkok (Thailande) - 28/02/2014


(Desolee, j'ai a nouveau perdu les accents, Rodolphe travaille sur son ordi...)

Rapide billet de Bangkok, essentiellement pour rassurer ceux et celles qui regarderaient trop la television et auraient entendu parler d'emeutes, de grenades et de morts... C'est vrai que ca bouge, ca chauffe parfois, et qu'il y a effectivement des derapages, mais c'est tres limite aux zones occupees par les manifestants. Le reste de la ville semble continuer a vivre normalement, a part les enormes bouchons qui immobilisent la circulation regulierement. Prudents, nous evitons les zones agitees et tout va bien. Pas d'inquietude donc.
Vue depuis la Chao Praya
Nous n'attendions rien de Bangkok. Nous etions venuns principalement pour des raisons administratives, a savoir faire nos demandes de visa pour Myanmar et le Vietnam, nos deux prochaines destinations. Et pourtant, on trippe comme des fous!


Je ne m'attendais pas a quelque chose d'aussi moderne, ni a cette omnipresence de l'eau.
Moderne et traditionnel

balade sur les canaux
Et bien sur, des temples partout, plus beaux les uns que les autres.

Wat Pho

Petit temple au bord d'un canal
Et puis, la bouffe - on ne se refait pas! La cuisine thaie, que ce soit au resto ou dans la rue, c'est fou.
Salades thaies (epicees!)

Bouffe de rue - absolument partout et tout le temps

Bref, apres 9 jours a sillonner Bangkok, et on se verrait bien passer des semaines ou des mois ici.

A noter cependant que Rodolphe avait tort: on ne trouve pas de tout a Bangkok. Entre autres, on ne trouve pas de revendeur/reparateur Kobo pour ma foutue liseuse qui vien de me lacher, apres 4 mois d'utilisation. Damned! Me voila donc revenue au bons vieux bouquins papier et, heureusement, Bangkok compte une excellente librairie de livres usages, en francais, s'il vous plait. (Mais je hais Kobo, qu'on se le dise!!)

Prochain billet de Birmanie: finies les vacances, on s'en va apres demain vers Mandalay.

Bises a tous
Karine et Rodolphe

PHOTOS!!!

J'ai mis en ligne les photos de Majuli Island et de l'Arunachal Pradesh. Juste a cliquer sur les liens.

Bonne balade!

lundi 17 février 2014

Tezpur (Inde) - 17/02/2014

Nous voici donc à Tezpur, en Assam, après 3 semaines en Arunachal Pradesh (AP pour les intimes), qui nous ont permis de visiter une toute petite partie de cet immense état aux frontières de la Chine/Tibet, du Myanmar et du Bhoutan. À vos atlas : Aalo, Mechuka, Ziro, Itanagar, Tawang et Zemithang. Et chaque fois, des heures, voire des jours de transport, d'autant que nous avons (encore!) été confrontés à une immobilisation partielle des transports suite à la fermeture de la frontière Assam/AP : ces deux-là ne s'entendent pas et il y a eu du vilain grabuge il y a 2-3 semaines. Séjour fatigant, donc et même si on ne regrette en rien d'avoir visité cet état oublié des touristes, on est un peu mitigés. Surtout et avant tout parce qu'on n'était pas là au bon moment : il faudrait voir les rizières de Ziro en août quand tout est vert, les montagnes de Tawang quand les arbres ont des feuilles et que le ciel est bleu.
Vue depuis l'hotel a Zemithang
Disons que c'était beau, mais qu'à certains, meilleurs, moments de l'année, ça doit être à couper le souffle.
La vallee pres d'Aalo
Plutôt que de faire un récit chronologique et géographique, voici plutôt quelques réflexions zé anecdotes qui vous donneront une petite idée de notre expérience arunachalienne  pradeshienne (rien que ça).

Mais où sommes nous? On a souvent l'impression en AP de ne pas être en Inde – et on n'est pas certain que ce soit une impression à partager avec les locaux, vu qu'ils se sentent déjà exclus et rejetés par le reste de l'Inde. As de saris à l'horizon, mais des jeans et même, à Itanagar (la capitale), des mini-jupes et talons-aiguilles.
Bon, parfois c'est un peu moins moderne...
Quant à la physionomie des gens, ils ont l'air chinois, mongoles, tibétains, parfois indiens et parfois un peu de tout mélangé.
Bouille indienne ou pas, ca rigole!
Ils parlent plus de 100 dialectes et la langue officielle est l'anglais, même si très peu le parlent. Ah elles sont loin les vaches blanches avec leur grosse bosse et leurs cornes peintes! Ici c'est le retour du Yak et l'apparition du Mithun.
Drole de bestiole, le mithun...
Glagla. Ça m'échappe : pourquoi, alors qu'on aurait pu passer une année sans hiver, pourquoi a-t-il fallu qu'on vienne se fourrer le nez, les pieds, les mains, bref tout ce qui gèle, dans le froid?? Car ça caille en AP. Et il y aurait bien, parfois, un chauffage ou un ballon d'eau chaude, électriques... alors qu'il n'y a que 4-5 heures d'électricité par jour, et uniquement la nuit. Alors on dort habillés et avec un bonnet, et malgré les 7 couches de vêtements que je porte, je répète au moins 50 fois par jour « La vache, qu'est-ce qu'il fait froid! ». Une stratégie pour que Rodolphe craque et me ramène au chaud. Sans succès. Pour saluer notre départ, on a même eu droit à une complète journée de neige, avec passage d'une passe à 4000m d'altitude (sans pneus d'hiver évidemment).
14h: sac de couchage, couette, bonnet et chocolat. Fait frette quand meme!
« The state of dust ». Ce n'est pas moi qui le dis : un jour où je buvais un thé dans une échoppe à Aalo, notre première destination, un type à qui je disais que nous venions d'arriver m'a dit : « Welcome to Arunachal Pradesh, the state of dust! ». Et effectivement, c'est de la folie. On a ressorti les masques de Katmandou. On disait à notre guide à Ziron que ça devait faire du bien quand il y avait enfin un peu de pluie pour nettoyer l'air, ce à quoi il a répondu : « Not really : it gets muddy and slippery. »

Routes. En AP, les routes sont défoncées et perpétuellement en travaux (comme le Québec, mais en pire), entretenues par la Border Roads Organisation (BRO). Beaucoup de femmes parmis les travailleurs de la route et il est fréquent de voir des femmes s'acharner sur une paroi rocheuse avec une barre à mine ou transformer un tas de cailloux en gravier à coups de marteau. Le tout avec, parfois, un rouge à lèvres pétant et/ou un bébé attaché dans le dos – certaines ont le congé maternité plus facile que d'autres.
La conduite est périlleuse et la route parsemée de panneaux incitant à la prudence. Mais comme les gens de BRO sont des poètes, ça donne des choses comme : « After whisky, driving risky », « Better late than late Mister », « If you want to stay married, divorce speed » ou (ma préférée, dans ce pays puritain) « Be gentle on my curves ».
Avec tout ça, on ne dépasse jamais le 20 km/h de moyenne, ce qui laisse pleinement le temps d'admirer les paysages incroyables que ces routes traversent : la rivière encaissée qu'on suit d'Aalo à Mechuka, la forêt humide perdue dans la brume en redescendant de Tawang à Tezpur.  Certains de nos plus beaux souvenirs visuels de l'AP auront comme cadre la portière d'un sumo.
Ce troncon-la, on l'a descendu a pied; le sumo l'a fait en derapant tout du long...

Les sumos. Ces grosses bagnoles aux allures de 4x4 sont notre moyen de transport en AP. On s'y entasse à 11 passagers (plus les enfants sur les genoux), les bagages sont empilés sur le toit. La musique (Bollywood only) est de rigueur, mais les rétroviseurs et les amortisseurs sont optionnels, les ceintures de sécurité inexistantes. Le pare-brise et la vitre arrière sont décorés de bandes autocollantes, si bien que seul le tiers central laisse voir au travers. Les chauffeurs un peu grands passent le voyage (entre 6 et 20 heures, un seul chauffeur) la tête baissée, ou passée par la fenêtre, qui reste grand ouverte en permanence, même quand il neige. Il doit certainement y avoir une explication logique et cohérente à tout ça... Si, si, sûrement...
Pour une idée de la musique  qu'on écoute, un échantillon (calme) ici - attention, ça colle aux dents...
Sumo a Sela Pass, en route vers Tawang (4000m)
Présence militaire. Après avoir « récupéré » le Tibet en 1959, la Chine a décidé en 1962 que ça serait pas mal d'étendre un peu ses frontières vers le sud et de s'est installée en AP. Après des tractations diplomatiques, la Chine s'est retirée et la guerre a été évitée. Suite à ça, l'Inde qui avait presque oublié cet état tout au nord s'est réveillée et a décidé de militariser la zone, pour bien montrer à la Chine qu'il ne faut pas exagérer non plus. Résultat : des militaires partout. Beaucoup. À Mechuka, 2500 habitants et autant de militaires, on prévoit 15000 militaires d'ici 4-5 ans. En attendant, on fait des randos dans la montagne au son des mitraillettes, en prenant soin d'éviter les zones de tir qui ne sont pas indiquées.
Le comble: delegation militaire dans un monastere bouddhiste
Sacrifice! Il y a 20 ans, le père de Mr. X, de l'ethnie des Gallos près d'Aalo, a tué un sanglier, à la chasse. Ce faisant il savait qu'il lui faudrait sans doute, un jour, payer pour cette âme : c'est comme ça quand on tue certains gros animaux de la forêt. De son vivant, rien. Mais récemment, la poisse et la maladie se sont abattues sur la maison où vit maintenant son fils. On a fait venir le prêtre Donyi Polo (la religion des Gallos) et après avoir consulté le foie d'un poulet zigouillé pour l'occasion, il a été formel : le sanglier demandait réparation, il fallait faire Peka. Le prêtre a en outre indiqué le détail des animaux qui devraient être sacrifiés – sachant que chaque animal doit être mis à mort d'une façon précise. Voici donc ce que Mr. X a trucidé alors que nous sirotions de la bière de riz à quelques pas de l'autel de sacrifice (VÉVÉ, rends-toi direct au paragraphe suivant) : 2 chiens (tête tranchée d'un coup à la machette), 7 porcs (d'abord une flèche, puis un long pic de bambou dans le ventre), 1 vache (à la hache), 12 poulets (saignés au couteau), 2 chèvres (je sais plus comment). J'ai chanté très, très fort dans ma tête pour ne pas entendre les porcs hurler. Et quand le vieux qui incarnait le démon du sanglier s'est approché de moi en léchouillant des abats de poulet avant de me les tendre, je me suis dit : « Au diable l'ouverture d'esprit et l'acceptation des différence culturelles, pas question que je bouffe son foie de volaille!! ». J'ai souri, bêtement, et tout le monde s'est foutu de moi. Ouf!
Au premier plan, le demon du sanglier - avouez qu'il fait peur!

Gastronomie Apatani. Les Apatanis, dans la région de Ziro, ont des idées bizarres. Pour éviter de se faire voler leurs femmes, jugées splendides, ils avaient l'habitude de les défigurer en les tatouant et en leur fourrant des gros bouchons de bambou dans les narines. Côté gastronomie, ce n'est pas moins étrange. D'accord, c'est santé : aucune matière grasse ajouté, tout est bouilli ou cuit à la vapeur. Comme ce Bamboo Chicken (sûrement pas le nom traditionnel, mais celui qu'on nous a donné) : un mélange de poulet et de blanc d’œuf, farci dans un tronçon de bambou et cuit directement dans le feu. Apétissant, et chaque bouchée est une surprise (d'autant qu'on n'y voit rien, près du feu) : oh, un bout d'os!; oh, un super cube de viande!; oh, un truc bizarre, comme prémâché...; oh, un gros bout de peau bien épaisse! Pour notre malheur, ils mangent aussi du porc et on se retrouve devant une assiette de riz, légumes bouillis et gros cubes de couenne de porc bouillis. Et comme on n'a qu'une cuillère, pas moyen de faire des tout petits morceaux à avaler sans mâcher; on est obligés de croquer. On a passé 2 jours en « homestay » dans une famille Apatani. Mais pourquoi on n'a pas prétendu être végétariens!!!
Une femme apatani

Et nous voici donc à Tezpur, en attente du départ. Fini l'Himalaya, l'AP, l'Inde et même le sous-continent indien, car nous avons pris la décision de ne pas aller au Bangladesh. Question de temps (pendant que nous traînons, la mousson approche de l'Asie du Sud-Est), de troubles politiques (les élections de janvier n'ont pas vraiment ramené le calme), mais aussi l'envie de passer à quelque chose de radicalement différent. Alors pour clore le chapitre de l'Inde, quelques points essentiels à souligner :

Les indians sweets : une véritable révélation pour Rodolphe. Comment se fait-il que nous ayons raté ça lors de nos précédents voyages??

Les Royal Enfield : ça coûte environ $3000 incluant l'immatriculation et l'assurance pour 1 an. Seul problème, ça ne s'exporte pas. On a rencontré un indien qui a comme projet de se rendre au Bhoutan au volant d'une de ces machines. Rodolphe rêve...
Vous saurez quoi lui offrir pour Noel

Les matelas : c'est la troisième fois qu'on vient en Inde, mais je n'avais pas le souvenir de matelas aussi durs. Le summum : lors de notre homestay apatani, une planche recouverte d'un tissu. Moumoune, me direz-vous, sauf que ça fait 4 mois que ça dure, parce que ce n'était pas mieux au Népal. Alors je le demande : à quand un vrai lit???

Pains, galettes, crêpes : chapatis, naan, missi roti, utapam, dosa, j'adore! Et dans ce pays de traditions, j'avoue que j'ai souvent des envies peu orthodoxes mais alléchantes : un naan au nutella parsemé de petits fruits rouges, une lacha paratha piquée de lardons et de gruyère. Ça va expérimenter dur au retour!

Mais peut-être que ça se trouve déjà à Bangkok – Rodolphe prétend que TOUT se trouve à Bangkok. C'est notre prochaine destination, notre seule escale en Thaïlande. Pas d'inquiétude : nous avons eu la confirmation d'amis de Rodolphe sur place, les manifestations ne sont pas aussi graves et violentes que les médias occidentaux les décrivent et a situation tendrait même à se calmer. Nous prenons l'avion le 20 février et y resterons une grosse semaine, le temps de gérer les visas pour la Birmanie où nous passerons tout le mois de mars. Et ça va peut-être paraître saugrenu, mais en partant pour Bangkok, on a presque l'impression de partir en vacances!

Autre chose : l'article de Rodolphe sur notre trek au Népal a été publié – voir ici.

Bises a tous!
Karine et Rodolphe

vendredi 24 janvier 2014

Majuli Island (Inde) - 21/01/2014

Un des gros problèmes en voyage (car ouhlala, qu'est-ce qu'on a comme problèmes), c'est de tomber sur des endroits comme Majuli Island. Parce qu'une fois qu'on y est, c'est difficile de repartir. Alors on prend du retard, forcément.

Ceux qui ont suivi (et je ne blâme pas les autres) auront remarqué que nous ne devrions absolument pas être ici maintenant. En quittant Kolkata, le plan était de rejoindre au plus vite l'Arunachal Pradesh, le froid, la montagne, la frontière du Tibet. Et nous voici en Assam, sur une île de sable au milieu du Brahmapoutre, entourés de cocotiers et de bananiers, à dormir sous la moustiquaire.
Majuli Island, ses maisons de bambous, ses cocotiers...

C'est qu'entre temps, il y a eu des demandes de permis plus compliquées que prévu et des jours fériés, et par conséquent, du « temps à perdre » qu'on est venu passer ici. Nous visitons donc Majuli Island avant plutôt qu'après l'Arunachal Pradesh, donc.

Nous sommes arrivés il y a une grosse semaine, après 2 jours de trajet depuis Kolkata. Nous sommes installés dans une jolie maison que nous partageons avec une souris aux goûts bizarres et une poignée de moustiques relativement peu sanguinaires.
notre maison avec terrasse privee et en bas a gauche, nos velos
de l'interieur
Nous passons nos journées à arpenter en vélo les allées sablonneuses de l'île, les villages ethniques, et surtout à visiter les Satras, la « spécialité » de Majuli. Il y a 22 satras sur l'île, des sortes de monastères  (certains où les moines sont célibataires, d'autres où ils sont mariés et vivent en famille) où les rites religieux s'articulent autour de chants, de danses costumées et de représentations théâtrales.  Une satra est également spécialisée dans la fabrication des masques utilisés pour les représentations, à base de bambou, de boue et et de bouse de vache.
j'ai beaucoup change depuis notre depart...


Un important festival de satras, qui a lieu tous les deux ans, débute demain, et le premier soir 1200 moines danseront ensemble. C'est une des raisons pour lesquelles nous avons décidé de prolonger un peu notre séjour ici : on ne pouvait pas manquer ça. D'autant plus que Rodolphe et moi avons été déclarés « guests of honour », ce qui nous donne l'honneur et l'avantage de devoir être sur place demain matin à 7h (départ de l'hôtel en vélo à 6h!!) et de devoir prononcer un mini-discours lors du séminaire d'ouverture. On espère qu'ils ne nous demanderont pas de danser...

En fait, c'est bon pour l'ego, Majuli Island : on se sent un peu comme la reine d'Angleterre ici. Perchés sur nos vélos, les genoux dans le guidon, on passe la journée à saluer de la main et à répondre aux « Hellos!!! » tonitruants qui ponctuent tous nos déplacements. Impossible de passer inaperçu, et on répond 150 fois par jour aux questions « What is your name? », « Where you come from » ou parfois « What is you come from? » - pour cette dernière question, on s'essaie à des réponses créatives. Et quand à notre tour on leur demande leur nom et qu'on tente de le répéter, on provoque l'hilarité générale. Il n'y a pas idée non plus de s'appeler Bishnujyoti Boruah!
ca rigole, ca rigole!

Au-delà des « Hellos! » à tout va, on retrouve ici beaucoup du Terai Népalais, de ce qu'on avait vu et vécu dans le coin du Bardia National Park : les rizières, cocotiers, bananiers, les champs de moutarde, les maisons de bambou et de boue, les gens hyper gentils et souriants, avec lesquels on n'arrive malheureusement pas à échanger car la plupart ne parlent qu'assamais.
rizieres

Mais ils sont toujours prêts à nous aider : quelqu'un qui parle deux mots d'anglais s'arrêtera pour jouer les interprètes et quand j'ai cassé le cadenas de mon vélo (fermé, forcément), tout a été réglé par des passants. Et c'est avec cette même gentillesse qu'un jeune homme dont la famille vit dans un satra nous a invités au « mariage » de sa sœur de 13 ans. Turonubia, c'est le nom de cette cérémonie qui a lieu peu après la puberté et qui prépare la jeune fille à son futur mariage. Elle était magnifique.

La "mariee"

Le tout est l'occasion d'un grand rassemblement, de danses et de chants et d'offrir à la jeune fille des objets pour son futur trousseau. Cela se passait dans la maison familiale, avec une centaine d'invités, et de la nourriture traditionnelle. C'est surprenant d'ailleurs, car les invités ne mangent pas tous en même temps, chacun mange à tour de rôle, quand ça le tente.

Repas de noces dans une des pieces de la maison
On était vraiment contents d'assister à ça, d'autant plus qu'apparemment, cette coutume est tombée complètement en désuétude dans le reste de l'Inde.

Pour finir sur Majuli, quelques bizarreries :
- Quel est cet endroit où l'on dort sous moustiquaire mais dans un sac de couchage et avec des chaussettes? Majuli! Moustiques en nombre le soir, mais il fait entre 5 et 10 degrés pendant la nuit, et notre jolie maison 100% en bambou est loin d'être hermétique.
- Il y a un gros problème de drogue au sein de la population de souris de l'île. Le 2ème soir, une tablette de mes médicaments ayurvédiques a disparu. J'ai pensé l'avoir égarée, mais pendant la nuit, nous avons entendu dans le toit le bruit caractéristique du plastique et de l'aluminium d'une plaquette de médicaments. Le 3ème soir, une plaquette de médocs anti-malaria a disparu à son tour. Et une touriste indienne qui loge dans un bungalow de l'autre côté de la rue nous a dit que sa souris aussi grignottait ses médicaments. Mais qu'est-ce que c'est que ces bestioles??? On l'a vue, c'est une souris normale de 6-7 cm, normale si ce n'est de son étrange addiction... La première nuit, elle s'était empiffré un savon en entier; peut-être était-elle en manque??
- Il y a sur l'île cet étrange et énorme oiseau dont on ne sait pas ce que c'est, mais qui a vraiment une allure bizarre. Celui-ci transportait (mangeait??) son oisillon mort... (Si l'un d'entre vous nous dit en avoir vu au zoo de Londres ou dans une animalerie de Montréal, on arrête les photos!!)

oiseau bizarre
- Nous sommes en Assam et c'est la première fois depuis le début du voyage (3 mois, déjà!) que le thé est mauvais...

Notre séjour à Majuli touche donc à sa fin. Nous avons reçu es permis pour l'Arunachal Pradesh et nous prenons la route après demain. Direction plein nord, le froid, la montagne, la frontière du Tibet. Himalaya, nous voilà!! On envisage de visiter 3 endroits en Arunachal Pradesh, car nos permis ne sont valides que jusqu'au 16 février, et on s'attend à des déplacements lents et difficiles. Difficiles sans doute aussi les communications, alors pas d'inquiétude si nous ne donnons pas beaucoup de nouvelles d'ici le 20 février.


On mettra plus de photos en ligne bientôt, quand on aura plus facilement accès à Internet. Pour l'heure, on a un discours préparer...

**NB: je mets cet article en ligne le 24 janvier: pas moyen d'acceder a Internet pendant nos derniers jours sur Majuli. Majuli Island et le festival sont derriere nous (et nous n'avons finalement pas fait de discours, mais avons ete pris au moins 250 fois en photo!). Nous sommes entres aujourd'hui en Arunachal Pradesh - a nous l'aventure et les routes defoncees!**

Bises à tous
Karine & Rodolphe

jeudi 9 janvier 2014

Kolkata (Inde) - 09/01/2014

Quand on commence à avoir une table attitrée au restaurant...
Raj Kochari, au-dit restaurant. Ne nous demandez pas ce que c'est, mais c'est bon.
Quand le vendeur de bière ne nous demande même plus quelle marque on veut...
Quand le « dépanneur » prépare 2 paquets de kleenex quand il nous voit apparaître au coin de la rue...
Quand les taxis stationnés devant l'hôtel savent où on va et à quelle heure on part...
Quand les chiens errants commencent à tortiller de la queue en nous croisant...
Si cute et déjà plein de puces...
... c'est qu'il est temps de partir. Alors on y va!! Bye-bye Kolkata.

D'autant plus que nos traitements sont finis.
Finis aussi alors, vous direz-vous, les inhumains réveils à 6h du mat'? Eh bien non, car Monsieur Rodolphe a des médocs (foutus médocs) à prendre « at 6:00 am or before » et semble vouloir s'y tenir.
!!!
C'est ce qu'on va voir...

Nos dos vont beaucoup, beaucoup mieux. Entendons-nous : nous ne sommes pas prêts d'obtenir un poste de contorsionniste au Cirque du Soleil, mais ça ne faisait pas partie de notre plan de carrière de toutes façons. Par contre, nous sommes prêts à enfiler nos sacs à dos et;a retourner crapahuter dans la montagne. Himalaya, nous voilà! (J'arrive à la caser presque à chaque fois, celle-là, et j'en profite, parce que rendus au Laos, ça sera plus difficile.)

Donc départ samedi, en train. Rodolphe est parti chercher le ticket. Il a pris un bouquin et une gourde, on espère qu'il sera rentré avant la nuit – sachant qu'on y a déjà consacré 2 heures hier! Toujours une épopée sans fin, l'achat d'un billet de train.
Direction l'Assam où on restera juste le temps d'un thé et de récupérer nos permis pour l'Arunachal Pradesh, à la frontière du Tibet et de la Chine. Montagne, monastères bouddhistes, neige et froid (mais moins qu'à Montréal, pauvres vous!!).

On pense rester un mois en Arunachal Pradesh puis 2 semaines dans les autres provinces du nord-est de l'Inde. C'est TRÈS reculé là-bas et peu touristique, alors nous n'avons aucune idée des moyens de communications qu'on aura. On essaiera de vous donner des nouvelles aussi régulièrement que possible.

D'ici là, gardez-vous au chaud!
Karine & Rodolphe

ps: on est allés au ciné dernièrement, voir Dhoom 3, LE film du moment qui bat tous les records d'audience. Ça se passe à Chicago (!!) parce qu'un flic indien est appelé à la rescousse pour sauver une banque de la ville, ça dure 3 heures, et on l'a vu en hindi (on ne vous avait pas dit qu'on le parle couramment???). Si ça vous tente, la preview ici.

dimanche 29 décembre 2013

Kolkata (Inde) - 29/12/2013

Spécial bouffe aujourd'hui, pour aguicher vos papilles ou finir de vous écœurer, selon que vous avez abusé ou non en cette période des fêtes.

Il y a quelques jours, nous sommes allés manger dans un délicieux resto spécialisé dans la cuisine du Bengale qui, j'en avais déjà parlé, est assez particulière et utilise des ingrédients parfois surprenant. Donc au menu :
- Mochar Chop : croquettes de purée de fleur de bananier
Le truc violet, c'est la fleur de bananier (au petit marche fermier bio)
- Posto Narkel Bora : galettes de chair de noix de coco et de graines de pavot
Mochar chop et Posto narkel bora
- Mochar Gonto :pomme de terre, fleur de bananier et noix de coco écrasées, avec marinade à la moutarde
- Pur Bhara Doi Potol : légume vert inconnu (voir ci-dessous) farci de noix de coco, graines de pavot et de moutarde, avec sauce à base de yaourt
Le legume vert inconnu (ce ne sont pas des okras)
- Dab Chingri : crevettes dans une sauce moutarde et lait de coco, cuites dans une noix de coco fraîche
- Kakra Gal Pethechi : dos de crabe farci
- Loochi : petits pains frits et gonflés
Mochar Gonto, Pur Bhara Doi Potol, Dab Chingri, Loochi
Kakra Gal Pethechi
- Chanar Malpoa : rondelle de fromage frais frite dans du sirop de rose, avec glace à la vanille.
Chanar Malpoa
D'autres plats en vrac :
- Biryani : plat de riz aux grains super long, cuit pendant heures avec plein d'épices, donc du safran et de la cardamone. Ici accompagné d'un truc qu'on n'avait jamais essayé : navratan korma, un mélange de légumes, fruits et noix dans une sauce toute douce. À droite, une lacha paratha, un pain en spirale, frit, gras mais divin.
Biryani, navratan korma et lacha paratha
- Une dosa, crêpe de farine de riz, particulière celle-ci car le curry de pomme de terre dont elle est farcie est agrémenté de légumes émincés, raisins secs, noix de cajou et de fromage pressé émietté.
Dosa
- Un bon vieux thali, plat de base plus ou moins élaboré, avec du riz, du pain et un assortiment de currys.
Thali
Une photo de l'échoppe d'Indian Sweets où nous nous arrêtons (presque) tous les jours en rentrant de la clinique. Nos préférés : la crêpe dans la rangée du bas (et pas juste parce que c'est une crêpe!) et le petit truc tout en haut à droite (qui s'appelle Chanko ou quelque chose comme ça).
Notre petit vendeur d'Indian Sweets
Un truc excellent qu'on n'avait jamais goûté : une noix de coco fraîche en cours de solidification. On boit le jus et dans la noix, on récupère la chair qui est encore molle.
Noix de coco fraiche
Un stand de Katy's Roll : une lacha paratha (voir plus haut), frite dans un œuf et roulée-farcie avec de la viande, des légumes, du fromages, etc. Le fast-food préféré à Kolkata. Maxi gras!
Katy's Roll - LE fast food de Kolkata
Quelques stands de bouffe de rue aussi.
Ici, the et sandwichs pour le petit dej'. Le monsieur a droite se lave les dents
Jus de fruits

Petit kiosque de the: brulant, au lait, sucre et epice
Dosas dans la rue

Le the est souvent servi dans des pots de terre cuite qu'on jette par terre pour les casser apres usage
On peut manger ET se faire raser en meme temps
Fruits
Et pour finir, une mise en contexte entièrement hors sujet : la boutique internet d'où je publie ce billet. Quoiqu'il y a quand même une mini relation : chaque fois que je viens, le patron m'offre une demi-friandise indienne...
Cyber Zoom

Bises à tous et joyeuses fêtes!!
Karine & Rodolphe